Après l'incident du thalidomide, devons-nous encore nous fier aux tests sur les animaux ?

Cet article de blog examine les limites des tests sur les animaux, en se concentrant sur l'incident du thalidomide, et explore la nécessité des essais cliniques sur l'homme et des technologies alternatives.

 

L’incident de la thalidomide et les limites de l’expérimentation animale

La thalidomide, un médicament mis au point en 1957, était destinée à prévenir les nausées matinales chez les femmes enceintes. Après des essais cliniques sur des souris, sa commercialisation a débuté, accompagnée de publicités la présentant comme une pilule miracle d'une sécurité sans précédent. Cependant, la tragédie a rapidement frappé : plus de 10 000 bébés atteints de graves malformations congénitales, connus sous le nom de « bébés thalidomide », sont nés dans 46 pays à travers le monde. Des expériences ultérieures menées sur des chiens, des poulets, des chats et des hamsters n'ont révélé aucune réaction toxique, mais il a finalement été démontré que ce médicament n'était mortel que pour les humains.

 

Définition et diffusion des tests sur les animaux

Ce cas illustre clairement les limites de l'expérimentation animale. L'expérimentation animale désigne les expériences ou les procédures scientifiques réalisées sur des animaux de laboratoire à des fins scientifiques telles que l'éducation, les tests, la recherche et la production d'agents biologiques. Elle est profondément ancrée dans notre quotidien et largement utilisée, notamment pour déterminer si les substances chimiques contenues dans les cosmétiques que nous utilisons quotidiennement sont nocives pour l'homme. Cependant, cette expérimentation animale, censée garantir la sécurité humaine, se transforme parfois en un simple outil de curiosité et de plaisir pour les scientifiques, ce qui soulève des questions quant à sa capacité, à elle seule, à détecter avec certitude les substances nocives pour l'homme.

 

Exemples supplémentaires des limites des tests sur les animaux

Au-delà de l'incident du thalidomide, de nombreux autres cas illustrent les limites de l'expérimentation animale. Par exemple, dès les années 1960, la communauté médicale savait que le tabagisme provoque le cancer du poumon. Pourtant, les tests sur les animaux menés pendant les cinquante années suivantes n'ont pas permis d'établir clairement le lien entre tabagisme et cancer du poumon. Par conséquent, les dangers du tabac sont restés longtemps méconnus du grand public, période durant laquelle de nombreuses personnes sont décédées d'un cancer du poumon. Autre exemple : dès le début des années 1940, des essais cliniques sur des humains ont révélé que l'amiante est cancérigène. Cependant, toutes les expériences animales ultérieures n'ont pas permis de prouver le lien entre l'amiante et le cancer, retardant ainsi de plusieurs décennies les mises en garde concernant les dangers de l'amiante. De plus, les recherches sur la poliomyélite menées sur des singes ont fourni des informations erronées sur cette maladie, conduisant à la mise en œuvre de mesures préventives inefficaces.

 

Contre-exemple : le Tylenol et l'aspirine

Il existe aussi des contre-exemples. Certains médicaments provoquent une insuffisance surrénalienne chez le chat dès la première prise, pouvant entraîner sa mort. D'autres, à seulement 20 % de la dose unique humaine, provoquent des malformations congénitales chez le rat et de graves anomalies de la pression artérielle chez le chat. Qui prendrait de tels médicaments sans hésiter ? Pourtant, aussi surprenant que cela puisse paraître, le premier est le paracétamol et le second l'aspirine.

 

Nécessité et avantages des essais sur l'humain

De tels cas démontrent que les tests sur les animaux ne permettent pas, à eux seuls, de prédire avec précision les situations qui pourraient survenir lors de l'administration de substances à l'homme. Il est possible qu'une substance jugée nocive pour les animaux et rejetée en laboratoire puisse en réalité receler un potentiel thérapeutique pour des maladies humaines incurables. C'est pourquoi l'expérimentation humaine apparaît comme un élément indispensable.
La nécessité de l'expérimentation humaine se démontre de plusieurs manières. Premièrement, les humains et les animaux étant différents, les essais cliniques sur l'humain fournissent des informations bien plus précises et fiables que les tests sur les animaux. Par exemple, seulement 1.16 % des maladies sont communes aux humains et aux animaux. Par conséquent, une substance efficace chez l'humain peut s'avérer nocive pour l'homme, tandis qu'inversement, une substance bénéfique pour l'homme peut être nocive pour les animaux et, de ce fait, ne pas démontrer son efficacité.
Deuxièmement, l'histoire de la médecine démontre que les découvertes majeures ont été réalisées grâce à l'expérimentation humaine. Des avancées médicales significatives dans des domaines tels que la cardiologie, le cancer, l'immunologie, l'anesthésie et la psychiatrie ont été rendues possibles par l'observation de patients et la dissection de cadavres humains. Sans cette expérimentation humaine, la technologie médicale dont nous bénéficions aujourd'hui serait inimaginable.
Troisièmement, l'expérimentation humaine peut contribuer à la relance économique. Dans ce cadre, les participants doivent être rémunérés, généralement financièrement. Cette rémunération offre aux personnes économiquement défavorisées la possibilité de participer à des activités économiques, stimulant ainsi la circulation monétaire. De plus, cet argent peut leur permettre de développer leurs compétences et de saisir les opportunités de réussite.

 

Considérations éthiques et progrès technologiques dans l'expérimentation humaine

Le principe fondamental qui sous-tend les expériences sur l'être humain est le respect absolu de la vie humaine. Les pratiques abominables telles que les expériences nazies sur les Juifs sont totalement inacceptables, et les expériences qui violent les droits de l'homme ne sauraient être autorisées en aucune circonstance. Les progrès de l'informatique permettent de minimiser les effets indésirables lors de la phase pré-expérimentale. Par exemple, les simulations informatiques peuvent prédire le fonctionnement de structures moléculaires spécifiques au sein d'organismes vivants. Des techniques de culture cellulaire avancées ont également été mises au point pour infecter des cellules humaines avec des bactéries ou des virus pathogènes.

 

Le Code de Nuremberg et l'établissement des règles

Pour que l'expérimentation humaine soit menée en toute sécurité, il est essentiel de disposer de règles et de normes éthiques bien établies. Le Code de Nuremberg, élaboré après la Seconde Guerre mondiale suite à la réflexion et à la critique des expériences atroces menées par les médecins nazis, constitue le fondement de ces règles. Selon ce code, les expériences sur l'être humain doivent être réalisées avec le consentement libre et éclairé des sujets, qui doivent recevoir une information complète sur l'expérience. De plus, les sujets ont le droit de se retirer de l'expérience à tout moment.

 

Évolution des perceptions et conclusion

L'établissement et le respect de ces règles ont amélioré la perception de la sécurité et de la fiabilité des expérimentations humaines. Une enquête menée en 2013 par le Centre d'information et de soutien à la participation à la recherche clinique (CISCRP) de Boston, aux États-Unis, a indiqué que les préoccupations relatives à la sécurité des expériences sur l'être humain ont diminué et que la perception des participants a évolué positivement.
Cet article a présenté la nécessité de l'expérimentation humaine pour pallier les limites de l'expérimentation animale, en expliquant les raisons selon des critères tels que la sécurité, la rationalité et la rentabilité. Il a également proposé de minimiser les effets secondaires en utilisant des technologies comme la simulation informatique lors des phases précliniques. Si des règles garantissant les droits humains des participants sont établies, l'expérimentation humaine deviendra un élément essentiel du progrès de la médecine. Pour ces raisons, je soutiens l'expérimentation humaine.

 

A propos de l'auteure

écrivain

Je suis un « détective de chats ». J'aide à réunir les chats perdus avec leurs familles.
Je me ressource autour d'un café latte, j'aime marcher et voyager, et j'élargis ma pensée par l'écriture. En observant attentivement le monde et en suivant ma curiosité intellectuelle de blogueur, j'espère que mes mots pourront apporter aide et réconfort à autrui.