Cet article de blog analyse le cœur de la dynamique politique en examinant comment les systèmes de partis et les systèmes électoraux induisent ou atténuent le blocage, en se concentrant sur les différences entre les systèmes présidentiels et parlementaires.
On observe fréquemment des situations de blocage résultant de conflits entre différentes forces politiques au sein du processus politique. De manière générale, un blocage désigne une situation où, malgré la volonté de changement de politique de la part du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif, leurs préférences divergent, empêchant ainsi toute législation. Par conséquent, les politiques existantes demeurent inchangées. Les caractéristiques institutionnelles propres à chaque forme de gouvernement sont souvent citées comme une cause majeure de ces blocages.
Dans un système présidentiel, le président et le corps législatif sont élus séparément, ne peuvent être destitués l'un par l'autre durant leur mandat fixe, et le président dispose de larges pouvoirs sur le fonctionnement du cabinet. Ces facteurs créent un contexte propice aux frictions entre le président et le corps législatif. Plus les pouvoirs législatifs du président sont étendus – notamment le droit d'initier des projets de loi – plus le risque de conflit avec le corps législatif est important. Dans ce contexte, les blocages sont plus fréquents dans les régimes à parti unique – où le parti du président ne détient pas la majorité au corps législatif – que dans les régimes à parti unique.
À l'inverse, dans les systèmes parlementaires où le parti majoritaire forme le gouvernement et où le Parlement a le pouvoir de le révoquer, les blocages sont beaucoup moins fréquents. En effet, même si le parti majoritaire n'obtient pas la majorité absolue, il peut former un gouvernement de coalition avec les partis minoritaires pour y parvenir, le Premier ministre et son gouvernement peuvent être remplacés sur décision de la majorité parlementaire, ou encore le Premier ministre peut dissoudre le Parlement pour organiser des élections anticipées et former un nouveau gouvernement, évitant ainsi tout blocage. Pour que ces mécanismes fonctionnent de manière stable, une discipline de parti rigoureuse doit généralement être maintenue lors de la formation et de la dissolution des gouvernements de coalition.
Le système semi-présidentiel français illustre parfaitement les tentatives de modification institutionnelle visant à atténuer les blocages inhérents au système présidentiel. Identique au système présidentiel par l'élection directe d'un président pour un mandat fixe, il présente des caractéristiques d'un système parlementaire : si le parti du président n'obtient pas la majorité parlementaire, le président nomme Premier ministre le chef de la majorité parlementaire, qui dirige alors le gouvernement. Cette situation est appelée gouvernement de cohabitation, et son fonctionnement s'apparente alors à celui d'un système parlementaire. Toutefois, des blocages peuvent survenir en cas de désaccords entre le président et le Premier ministre sur la répartition des pouvoirs. À l'inverse, dans un gouvernement minoritaire, le fonctionnement politique est quasiment identique à celui du système présidentiel. Par ailleurs, le Parlement français utilise un système de vote à deux tours, favorisant ainsi le bipartisme.
Dans les systèmes présidentiels, le système de partis et le système électoral influencent considérablement les risques de blocage. Concernant le système de partis, la représentation proportionnelle favorise le multipartisme, lequel rend difficile la formation d'une majorité stable au Parlement. Dans les pays dotés d'un parlement bicaméral, la probabilité d'un gouvernement divisé augmente si les partis majoritaires dans les deux chambres sont différents, ou si le parti majoritaire de l'une ou l'autre chambre diffère de celui du président. De plus, si des mécanismes institutionnels renforcent la discipline de parti ou si la polarisation idéologique entre les partis s'intensifie, le président éprouve davantage de difficultés à obtenir le soutien de la majorité parlementaire en cas de gouvernement divisé. À l'inverse, la tenue simultanée des élections législatives et présidentielles peut réduire la probabilité d'un gouvernement divisé grâce à l'effet d'entraînement du candidat présidentiel favori. Par ailleurs, même en cas de formation d'un gouvernement divisé, le blocage n'est pas systématique si le parti d'opposition détient suffisamment de sièges pour passer outre le veto présidentiel.
La structure spécifique du système parlementaire influence considérablement l'apparition de blocages. Dans les systèmes où le président de l'Assemblée dispose de pouvoirs importants pour faciliter les débats, un blocage peut survenir au sein d'un gouvernement divisé en raison du droit de veto potentiel du président. De plus, dans les structures institutionnelles privilégiant l'accord entre les partis majoritaire et minoritaire, comme le système des blocs de négociation, un blocage peut se produire même au sein d'un gouvernement divisé. En effet, le parti minoritaire peut utiliser des outils procéduraux pour retarder la mise en œuvre du programme du parti majoritaire. Par ailleurs, l'obstruction parlementaire (discours entravant les travaux parlementaires), utilisée par le parti minoritaire comme stratégie de temporisation législative, est également une cause majeure de blocage. Lorsque le quorum requis pour mettre fin à une obstruction parlementaire est fixé à un niveau excessivement élevé, le déblocage devient difficile. La forte probabilité de blocage lors de l'examen, par voie législative, de questions politiques controversées ne faisant pas consensus est également un phénomène étroitement lié à ces facteurs institutionnels.
Une solution pour atténuer le problème des blocages liés aux situations de gouvernement divisé dans les systèmes présidentiels consiste à former des gouvernements de coalition, comme cela a été expérimenté dans plusieurs pays d'Amérique du Sud. Cette alternative fonctionne le système présidentiel comme un système parlementaire : un président issu d'une minorité négocie avec l'opposition pour former un cabinet d'union nationale, s'assurant ainsi le soutien de la majorité au Parlement. Une discipline de parti rigoureuse peut limiter les défections lors des négociations, et l'autorité du président peut également contribuer au maintien du gouvernement de coalition. Des études ont également montré que la tenue simultanée d'élections législatives à la proportionnelle et d'élections présidentielles au second tour accroît la probabilité de formation d'un gouvernement de coalition. La tenue simultanée des deux scrutins a pour effet de freiner la prolifération des partis. De plus, lorsque l'élection présidentielle se déroule en deux tours, les négociations entre les partis s'intensifient entre le premier et le second tour, facilitant potentiellement la formation d'un cabinet de coalition.
Une autre approche pour atténuer le blocage, comme aux États-Unis, consiste pour le président à persuader les parlementaires de l'opposition d'obtenir le soutien d'une majorité pour chaque projet de loi. Cette méthode est surtout efficace lorsque la discipline de parti est faible et que le système électoral parlementaire est celui du scrutin majoritaire uninominal à un tour. Dans ces conditions, le corps législatif est généralement composé de deux grands partis et l'autonomie politique des parlementaires est élevée, ce qui facilite la tâche du président pour convaincre individuellement les parlementaires. En particulier, lorsque l'autorité législative du président est faible, il ressent un besoin encore plus grand de faire pression pour influencer directement le Congrès. Toutes ces méthodes visent à débloquer la situation en permettant au président de constituer une nouvelle majorité au sein du Congrès.