Cet article de blog examine les éléments fondamentaux qui constituent le bien-être humain. En comparant trois perspectives – le plaisir, la satisfaction des besoins et la valeur objective – il structure de manière logique la compréhension du bien-être.
Que signifie l'affirmation selon laquelle le niveau de bien-être d'un individu s'est amélioré, ou que le niveau de bien-être d'une personne est supérieur à celui des autres ? Répondre à cette question exige de comprendre la nature et les conditions du bien-être humain. La philosophie morale moderne présente les positions représentatives suivantes sur ce sujet.
Premièrement, la théorie hédoniste postule que le degré de plaisir – un état psychologique composé de sentiments positifs – détermine le niveau de bien-être. Autrement dit, plus un individu éprouve de plaisir, plus son bien-être est élevé. Deuxièmement, la théorie de la satisfaction des besoins soutient que le bien-être est déterminé par la mesure dans laquelle les désirs d'un individu sont comblés. Lorsque les désirs d'un individu sont pleinement satisfaits sans frustration, son bien-être augmente. Troisièmement, la théorie de l'inventaire objectif postule que le niveau de bien-être est déterminé par la mesure dans laquelle une liste spécifique d'éléments qui rendent la vie d'un individu satisfaisante est réalisée. Cette liste comprend généralement la réussite autonome, la connaissance, les relations étroites et le plaisir esthétique. La valeur intrinsèque des éléments composant cette liste n'est pas directement liée au fait qu'ils procurent du plaisir à l'individu ou qu'il les désire. Parmi ces théories, la théorie hédoniste et la théorie de la liste objective sont des théories substantielles du bien-être en ce qu'elles proposent une définition de la valeur intrinsèque. La « théorie de la satisfaction des besoins » est classée comme une théorie formelle du bien-être car, bien qu'elle indique comment identifier ce que les gens considèrent comme bon, elle ne définit pas ce qu'est ce « bien » en soi.
Parmi les différentes théories du bien-être, la théorie de la satisfaction des besoins est celle qui bénéficie du soutien de nombreux économistes. Ces derniers estiment qu'elle permet d'évaluer les niveaux relatifs de bien-être. Ils critiquent également la théorie hédoniste, la jugeant trop restrictive pour appréhender le concept de bien-être. Selon eux, les activités ou événements que nous associons intuitivement à un bien-être accru n'impliquent pas nécessairement l'état psychologique de plaisir. Ils affirment qu'une perspective plus ouverte est nécessaire. Pour eux, l'important est que l'objet du désir soit réalisé ; la reconnaissance de cette réalisation et l'émotion qu'elle suscite chez l'individu ne constituent pas un élément essentiel. Les partisans de cette théorie critiquent également la théorie de la liste objective, qu'ils jugent limitée. S'il est admis que les éléments figurant sur cette liste contribuent généralement au bien-être individuel, l'explication de cette contribution reste insuffisante. De plus, il est souligné que, dans certains cas, des choses que les individus désirent réellement contribuent à leur bien-être même si elles ne figurent pas sur la liste objective.
Cependant, la théorie de la satisfaction des désirs présente également les problèmes suivants. Premièrement, bien que la satisfaction des désirs soit liée au bien-être, toute satisfaction de désirs n'y contribue pas. Par manque d'information ou en raison de croyances erronées, certaines personnes peuvent désirer des choses qui leur sont nuisibles. De plus, même si un souhait pour autrui se réalise, cela peut être sans incidence sur leur propre bien-être. Deuxièmement, le problème se pose lorsque des individus poursuivent des désirs antisociaux, comme des désirs sadiques envers autrui. Troisièmement, il est également souligné que, lorsque les individus n'ont pas de système de désirs cohérent et que des conflits surgissent entre eux, la résolution de ces conflits s'avère difficile.
Pour aborder ces questions, plusieurs approches sont possibles : abandonner la théorie de la satisfaction des désirs et adopter d’autres théories du bien-être, ou encore modifier les théories existantes. Parmi celles-ci, la théorie de la satisfaction rationnelle des désirs postule que ce n’est pas la satisfaction de tous les désirs d’un individu, mais seulement celle des désirs rationnels – ceux qui lui sont bénéfiques plutôt qu’à autrui, et qui reposent sur des informations pertinentes suffisantes – qui contribue à son bien-être. Selon cette perspective, si le désir d’un individu est rationnel, il est intrinsèquement bon. Cette théorie a l’avantage de résoudre nombre des difficultés rencontrées par la théorie de la satisfaction des besoins. Toutefois, elle doit simultanément fournir une réponse convaincante à la question de savoir ce qui constitue un besoin « rationnel ». Si les partisans de cette théorie tentent de répondre à cette question, elle dépasse le stade de simple théorie formelle du bien-être pour devenir une théorie substantielle du bien-être.