Cet article de blog examine si le caractère et l’intelligence humains sont déterminés à la naissance ou façonnés par l’environnement et l’éducation, à l’aide de divers exemples.
La plupart des gens ont entendu parler des théories de la bonté et du mal innés. La question de savoir si la nature humaine est intrinsèquement bonne ou mauvaise a été un sujet important dans la philosophie orientale comme occidentale. La doctrine de la bonté innée postule que les humains naissent avec une nature fondamentalement bonne, qui peut être développée par une éducation appropriée. Mencius est un éminent défenseur de ce point de vue, affirmant que les humains naissent avec une capacité innée à l'altruisme. À l'inverse, la doctrine du mal inné postule que les humains naissent avec une nature intrinsèquement égoïste et mauvaise, qui doit être réformée par la discipline sociale et l'éducation morale. Xunzi, représentant de ce point de vue, croyait que les humains possèdent des désirs égoïstes dès la naissance et ne peuvent devenir des individus désirables que par l'éducation et la formation.
Bien que ces théories paraissent contradictoires, elles partagent un point commun essentiel : elles reconnaissent toutes deux que, même si la nature humaine est innée, son expression peut être façonnée par les efforts et l’environnement ultérieurs. La théorie de la bonté innée comme celle du mal inné soulignent toutes deux que les humains doivent faire preuve de maîtrise de soi et s’efforcer de vivre vertueusement ou moralement correctement. Dès lors, le caractère humain est-il réellement déterminé non par la nature innée, mais par l’environnement et l’éducation ultérieurs ? Pour approfondir cette question, examinons deux exemples marquants de la société.
En 2004, un homme nommé Yoo Young-chul a provoqué un tollé en Corée du Sud en commettant une série de meurtres. Il a brutalement tué plus de 20 innocents et a été diagnostiqué comme un « psychopathe » souffrant d'un trouble de la personnalité antisociale lors de l'enquête. Les psychopathes manquent généralement de sens moral et de culpabilité. Ils présentent un manque de liens affectifs au sein de leurs relations, manifestant des tendances froides et égoïstes. La nouvelle de l'affaire Yoo Young-chul s'est répandue, ce qui a suscité un vif intérêt de la société coréenne pour les troubles de la personnalité antisociale tels que la psychopathie et la sociopathie. Des tests de psychopathie non vérifiés et d'origine inconnue ont également proliféré dans le public.
On pense généralement que les troubles de la personnalité antisociale, comme la psychopathie ou la sociopathie, sont innés et influencés par des facteurs génétiques. De fait, de nombreux psychologues spécialisés en criminologie considèrent que le trouble de la personnalité antisociale apparaît dès l'enfance et persiste à l'âge adulte comme un trait stable. En effet, les enfants présentant des tendances antisociales présentent souvent une incapacité à comprendre les normes morales ou un sentiment de culpabilité dès leur plus jeune âge. Cependant, certaines études suggèrent que ces tendances peuvent être fortement influencées non seulement par la génétique, mais aussi par des facteurs acquis, comme le milieu éducatif. Autrement dit, même si la nature est innée, l'environnement et l'éducation peuvent jouer un rôle crucial.
Un autre exemple souvent cité pour illustrer ce phénomène est le film Kevin. Sorti en 2011, le film est adapté du roman du même nom. L'histoire se concentre sur la relation entre Kevin et sa mère, Eva. Dès son plus jeune âge, Kevin manifeste du ressentiment envers sa mère, adoptant délibérément un comportement destiné à la tourmenter. Il l'ignore lorsqu'elle l'appelle ou répète « Je ne veux pas » à plusieurs reprises pour la mépriser délibérément. En grandissant, Kevin adopte un comportement anormal. Il tue le hamster de son jeune frère et le blesse en lui mettant du liquide vaisselle dans les yeux, sans pour autant éprouver de culpabilité. Finalement, juste avant ses 16 ans, Kevin assassine son père et son frère et attaque ses camarades de classe lors d'un incident de grande ampleur.
La couverture de la traduction coréenne présente Kevin comme un sociopathe. Était-il donc voué à la criminalité dès sa naissance ? Pour le savoir, il faut examiner le comportement de sa mère, Eva. Dès sa naissance, Eva l’a traité avec indifférence, le portant comme si elle le portait simplement, sans l’enlacer. Elle est même allée jusqu’à se placer près d’un chantier pour amplifier délibérément le bruit et étouffer les cris de Kevin.
Surtout, Eva prononce ces mots : « J'aurais été plus heureuse sans toi. » Ces actions suggèrent que les tendances anormales de Kevin n'étaient pas uniquement innées, mais aussi influencées par des facteurs environnementaux.
Parallèlement, l'intelligence est largement reconnue comme un trait humain fortement influencé par l'environnement et l'éducation. Des études sur l'intelligence montrent qu'elle peut être influencée par des facteurs environnementaux ainsi que génétiques. Selon l'ouvrage de Richard Nisbett, Intelligence, les tests de QI ont été initialement développés pour prédire la réussite scolaire, mais ils se sont ensuite imposés comme une méthode de mesure de l'intelligence. Nisbett explique que si le QI est en partie déterminé par des facteurs génétiques, les facteurs environnementaux exercent également une influence significative.
Par exemple, des études mesurant le QI des enfants pendant leur petite enfance et des années plus tard indiquent que ce QI peut varier non seulement en raison de facteurs génétiques, mais aussi en fonction de l'environnement éducatif, de l'attention parentale et du soutien économique familial. Notamment, les enfants ont tendance à avoir un QI plus élevé lorsque les classes sont moins nombreuses et que les enseignants sont de meilleure qualité. Cela illustre clairement l'influence de l'éducation et de l'environnement sur l'intelligence.
La synthèse de ces exemples permet de conclure que les traits humains comme la personnalité ou l'intelligence ne sont pas uniquement déterminés par la nature innée, mais sont hautement susceptibles d'évoluer sous l'influence de l'environnement et de l'éducation. Cependant, les caractéristiques humaines vont bien au-delà du trouble de la personnalité antisociale ou de l'intelligence. Des recherches sont encore nécessaires pour déterminer dans quelle mesure ces traits spécifiques sont influencés par l'environnement.
Ainsi, les humains sont exposés à leur environnement dès la naissance et vivent sous ses diverses influences. La question de savoir qui est plus important que l'inné ou l'acquis reste difficile à trancher définitivement. Néanmoins, l'intérêt de telles recherches réside dans leur contribution potentielle à l'exploration de meilleures méthodes parentales et d'approches éducatives.