Dans cet article de blog, nous explorons la nécessité d'élargir les capacités humaines face au développement de l'intelligence artificielle.
L'humanité contre l'intelligence artificielle
Les films et romans de science-fiction, comme « Matrix », dépeignent souvent un avenir sombre pour l'humanité, marqué par l'intelligence artificielle. La conviction que l'IA menace la survie de l'humanité provient probablement du fait que, à mesure que la technologie progresse, les exemples d'IA démontrant des capacités de résolution de problèmes similaires, voire supérieures, à celles des humains se multiplient. Des robots plus intelligents que nous finiront-ils par nous dominer ? Si l'IA devient une entité dotée à la fois de conscience et d'intelligence, l'humanité devra développer des capacités intellectuelles équivalentes pour éviter d'être dominée.
Le progrès technologique et l'avenir de l'humanité
L'idée d'étendre les capacités humaines grâce aux machines peut sembler tout droit sortie de la science-fiction. Pourtant, compte tenu du rythme actuel des progrès technologiques, nous nous dirigeons vers une ère qui n'est plus un simple fantasme lointain, mais une réelle possibilité. De plus, les machines peuvent non seulement compléter les capacités humaines, mais aussi permettre de nouvelles aptitudes intellectuelles et physiques jusqu'alors inimaginables. Cette réalité, rendue possible par des recherches scientifiques autrefois inimaginables, transformera notre quotidien. Les avancées en intelligence artificielle et en neuro-ingénierie sont à l'avant-garde de ces progrès, permettant des avancées technologiques qui transcendent les limites humaines.
Puisque le rythme de l'évolution biologique est limité, comment pouvons-nous améliorer nos capacités sans nous laisser distancer par l'intelligence artificielle, qui se développe de façon exponentielle ? Imaginons une forme humaine future qui pourrait sembler tout droit sortie de la science-fiction, mais qui est à portée de main.
Tout d'abord, on peut se demander comment nous pourrions nous-mêmes devenir des intelligences artificielles. Autrement dit, si tous les mécanismes cérébraux pouvaient être reproduits mécaniquement, transférer un cerveau humain dans une machine ne serait pas impossible. De fait, des recherches sont en cours pour reproduire le cerveau humain sur ordinateur. Le « Human Brain Project », mené en Europe depuis 2013, vise à simuler le cerveau humain à l'aide de supercalculateurs. Le professeur Henry Markram, directeur du projet, est déjà parvenu à simuler une partie du cerveau d'une souris. Outre ces tentatives de simulation informatique, des recherches sont également menées dans différents pays pour créer du matériel inspiré des neurones, imitant ainsi les mécanismes de fonctionnement du cerveau. Parmi les exemples notables, citons « TrueNorth » d'IBM et le projet « SpiNNaker » de l'Université de Manchester, qui visent tous deux à intégrer les caractéristiques du cerveau – notamment sa structure en réseau parallèle et très économe en énergie – sur des puces électroniques.
Cependant, ces tentatives radicales et inédites d'imiter le cerveau par une machine suscitent immédiatement des critiques. Outre l'idée que la réalisation d'un tel objectif dans un avenir proche est pratiquement impossible en raison des controverses éthiques liées à la recherche ou à la complexité et à l'étendue du sujet, certains expriment un scepticisme fondamental quant à la capacité d'un ordinateur à imiter parfaitement le fonctionnement du cerveau. En effet, le cerveau humain ne semble pas fonctionner comme une combinaison de signaux logiques, à l'instar d'un ordinateur. Cet argument est un contre-argument de poids : selon eux, la pensée humaine est incalculable, et il est donc fondamentalement impossible de la simuler à l'aide d'une machine informatique, aussi appelée ordinateur soit-il. Or, cet argument manque cruellement de preuves empiriques de l'incalculabilité de la pensée humaine. Bien sûr, il est actuellement impossible de prouver que cet argument est erroné ; toutefois, l'affirmation selon laquelle les différents mécanismes cérébraux sont calculables – comme le révèlent les recherches susmentionnées sur la modélisation du cerveau – apparaît plus convaincante.
Accroître les capacités humaines grâce aux machines
Même s'il était possible de transférer le cerveau humain dans une machine, certains craignent que le jour où l'intelligence artificielle dominera l'humanité n'arrive avant celui où cette recherche aboutira. Dès lors, ne pourrait-on pas, plutôt que d'opter pour l'approche précédente, connecter des machines au cerveau afin d'accroître les capacités humaines ? Cette solution est manifestement plus réaliste et réalisable plus rapidement que le transfert intégral du cerveau dans une machine, et elle est également moins susceptible de susciter des résistances.
À cet égard, les recherches visant à compenser les limitations humaines produisent des résultats significatifs depuis plusieurs années. Permettre aux malvoyants de voir en délivrant une stimulation électrique directe au nerf optique à l'aide d'une caméra, ou développer des prothèses de jambes qui se meuvent en détectant les ondes cérébrales de personnes amputées, ne sont pas des innovations récentes. Dès lors, est-il possible d'aller au-delà de la simple compensation des limitations humaines et de les étendre ? Bien qu'aucun cas d'application chez l'humain n'ait encore été documenté, des tentatives visant à doter des souris de capacités suprasensorielles – voire à leur implanter des souvenirs qu'elles n'ont jamais vécus – ont été couronnées de succès. Une équipe de recherche de l'Université Duke a connecté des capteurs infrarouges au cortex sensoriel de souris, permettant ainsi aux sujets d'expérience de détecter la lumière infrarouge. En 2013, une autre équipe de recherche a implanté de faux souvenirs à des souris de laboratoire.
Le potentiel futur de la technologie
La recherche sur l'expansion des capacités humaines grâce aux machines ne se limite pas à la simple compensation des déficiences visuelles ou des handicaps physiques. Elle progresse également vers le dépassement des limitations cognitives humaines. Par exemple, des recherches sont en cours pour surmonter les limitations de la mémoire et réaliser de nouvelles formes de stockage d'informations en connectant des dispositifs de mémoire externes au cerveau humain. Il ne s'agit pas simplement de restaurer certaines fonctions cérébrales, mais d'optimiser la quantité et la qualité des informations mémorisées. Le développement de cette technologie pourrait mener à des avancées novatrices dans des domaines cognitifs tels que l'apprentissage des langues, l'analyse de l'information et la pensée créative.
De plus, la recherche s'étend à des domaines mentaux tels que la régulation émotionnelle. Par exemple, la connexion de dispositifs mécaniques aux centres cérébraux de régulation émotionnelle pourrait permettre de développer des technologies capables de moduler l'intensité de certaines émotions. Ceci offrirait des solutions concrètes non seulement pour traiter des troubles mentaux comme la dépression, mais aussi pour relever divers défis auxquels sont confrontés les individus modernes, tels que la gestion du stress et l'amélioration de la concentration.
Jusqu'à présent, nous avons examiné des technologies qui étendent les capacités humaines – des technologies qui semblaient autrefois relever de la science-fiction. De plus, grâce à diverses études déjà menées ou en cours, nous avons entrevu la possibilité que ces technologies deviennent réalité dans un avenir certes lointain, mais pas encore proche. Bien sûr, le présent n'est que le point de départ d'un parcours semé d'embûches, où nous devrons surmonter non seulement des obstacles techniques, mais aussi des enjeux non techniques, tels que les questions sociales et éthiques. Cependant, si la recherche dans des domaines liés à ces technologies – comme les neurosciences et l'intelligence artificielle – continue de progresser avec autant de vigueur, et si nous continuons à construire un avenir meilleur grâce au dialogue social, j'ose rêver qu'une ère viendra – non pas une ère de désespoir, mais une ère où humains et robots coexisteront pour bâtir une culture hautement avancée.