Quels sont les problèmes auxquels sont confrontés les médias tchèques ?

Dans cet article de blog, nous examinerons et analyserons en détail les principaux défis auxquels sont confrontés les médias tchèques : la concentration de la propriété des médias, l’érosion de l’indépendance politique des médias, la propagation de la désinformation et la méfiance envers les journalistes.

 

Introduction

En tant que bien public, les médias jouent un rôle essentiel dans la réalisation du droit des citoyens à l'information, en fournissant des informations exactes et impartiales et en représentant la diversité des voix au sein de la société. Par conséquent, la liberté de la presse et l'indépendance éditoriale sont indispensables au développement de la démocratie, et les facteurs qui les compromettent dégradent la qualité du débat public et érodent la confiance du public. Or, les médias tchèques ont récemment été confrontés à des défis complexes, notamment la concentration de la propriété des médias, les biais politiques, la propagation de la désinformation et la méfiance envers les journalistes. Cet article examine ces problèmes en détail, en explorant leurs causes, leurs conséquences et les solutions possibles.

 

Corps principal

Propriété des médias en République tchèque

En République tchèque, la propriété des médias tend à se concentrer de plus en plus, ce qui fait craindre une atteinte à la diversité et à l'indépendance éditoriales. Selon diverses sources, en 2023, quelques grands groupes détenaient une part importante du marché médiatique tchèque. Les chiffres varient selon les sources : certaines indiquent que les cinq premiers groupes contrôlent plus de 70 % du marché, tandis que d'autres estiment que ce sont les quatre premiers qui en détiennent plus de 70 %. Ces divergences pouvant s'expliquer par des différences dans le périmètre des enquêtes (par exemple, la prise en compte des médias régionaux, nationaux, audiovisuels ou en ligne), il est nécessaire d'évaluer l'ampleur de cette concentration en synthétisant les données issues de sources multiples.
À titre d'exemple, le groupe Mafra, anciennement propriété de l'ex-Premier ministre Andrej Babiš, a été critiqué pour son influence considérable exercée grâce à sa mainmise sur les principaux médias tchèques. Le texte original du paragraphe indique que Mafra « possède 4 des 13 médias de ce segment de l'échantillon » et détient divers organes de presse, dont Lidové noviny, Pražský deník, Pražská zelená, TV Nova et Radiožurnál. Cette situation a suscité des inquiétudes quant à une possible instrumentalisation des médias par l'ancien Premier ministre Babiš à des fins politiques et personnelles, mais des informations ont depuis fait état de la vente du groupe Mafra par ce dernier.
Parallèlement, le quotidien Právo, son site web affilié Novinky.cz et le journal Deník N sont cités parmi les rares médias considérés comme indépendants des intérêts politiques et financiers de leurs propriétaires. Deník N, en particulier, est présenté comme un projet créé par six entrepreneurs tchèques (dont certains sont fondateurs de NFNZ) par le biais de la Fondation pour les médias indépendants. En définitive, le phénomène d'un petit nombre d'individus et d'entreprises contrôlant une part importante du marché des médias peut limiter la diversité des points de vue et potentiellement compromettre l'indépendance éditoriale, tandis que les acquisitions de médias par des milliardaires tchèques comportent le risque qu'ils utilisent les médias pour promouvoir leurs propres intérêts.

 

Indépendance politique des médias tchèques

Les évaluations soulignent régulièrement la fragilité de l'indépendance politique des médias tchèques. Le Centre pour le pluralisme et la liberté des médias (CMPF) a évalué l'existence et l'efficacité des garde-fous contre les biais et le contrôle politiques sur les organes de presse, les agences de presse et les réseaux de distribution, et a constaté que la législation tchèque ne parvient pas à encadrer correctement les conflits d'intérêts entre les propriétaires de médias et les responsables politiques.
En particulier, le cas des médias appartenant à l'ancien Premier ministre Babiš a suscité des critiques pour leur couverture favorable au gouvernement, et la forte dépendance de cette structure médiatique aux recettes publicitaires a amplifié les inquiétudes quant à son indépendance vis-à-vis des influences politiques et commerciales.
La littérature indique que Babiš a récemment vendu Mafra, invoquant des raisons politiques, notamment le renforcement des lois sur les conflits d'intérêts (dont l'entrée en vigueur est prévue en janvier 2024) interdisant aux parlementaires et aux membres du gouvernement de posséder des entreprises de médias. Par ailleurs, Babiš avait déjà transféré Agrofert à un fonds fiduciaire en 2017.
D’après l’explication accompagnant l’indicateur intitulé « Figure 1 », un score de risque élevé ne se limite pas à une simple preuve de contrôle politique sur les médias ; il reflète également l’absence de mécanismes d’autorégulation garantissant l’indépendance éditoriale. Par ailleurs, le rapport « Liberté de la presse » de 2015 note que certains professionnels des médias tchèques ont fait état de pratiques d’autocensure, notamment dans les organes de presse dont les propriétaires entretenaient des liens politiques et commerciaux.

 

La propagation des fausses nouvelles et de la désinformation en République tchèque

La propagation de fausses informations et de désinformation est également devenue un problème majeur en République tchèque. Avec la prolifération des réseaux sociaux et des plateformes en ligne, la désinformation se propage rapidement, semant la confusion dans la formation de l'opinion publique et dégradant la qualité du débat démocratique. Ce phénomène est exacerbé par l'absence de mécanismes de vérification des faits et la facilité de partage de l'information.
D'après les données d'AKA, 181 317 articles contenant de fausses informations ont été recensés en 2019, soit le double du chiffre de 2016. Par ailleurs, selon le projet Czechia in Data, les sites web tchèques de désinformation ont publié près de 200 000 messages en ligne l'année dernière, un chiffre en hausse d'environ 6 % par rapport à 2020. Ces statistiques suggèrent une tendance à la hausse continue de la désinformation.
Des mesures politiques sont également à l'étude. Selon un rapport de février 2023, le gouvernement tchèque envisage d'intégrer la diffusion de manipulations intentionnelles de l'information au code pénal, une initiative visant à clarifier le statut juridique de ce phénomène et à adapter la législation pénale en vigueur. Parallèlement à ces discussions juridiques et institutionnelles, il est nécessaire de renforcer l'éducation aux médias et de développer les systèmes de vérification des faits.

 

Méfiance envers les journalistes en République tchèque

La méfiance du public tchèque envers les journalistes serait également très forte, entraînant une baisse de la crédibilité des médias. Selon un sondage d'opinion réalisé en 2015, la confiance des Tchèques dans les médias était inférieure à 60 %, et plusieurs facteurs contribuent à cette méfiance.
Premièrement, la question des biais médiatiques a été soulevée. Nombre de Tchèques perçoivent les médias comme reflétant des orientations politiques spécifiques, et la tendance pro-gouvernementale des médias appartenant à Babiš, mentionnée précédemment, est fréquemment citée comme un exemple flagrant. Deuxièmement, le problème de la désinformation et de la distorsion de l'information est évoqué ; le public a le sentiment que les médias ne fournissent pas d'informations exactes. Troisièmement, la commercialisation et l'orientation capitaliste des médias sont pointées du doigt ; il a été souligné que la production de reportages sensationnalistes et provocateurs à des fins lucratives entraîne une baisse de la confiance.
Les résultats de l'enquête, intitulés « Figure 2 », semblent illustrer visuellement ces raisons de méfiance, et des études suggèrent que garantir la transparence des structures de propriété des médias, assurer la stabilité financière des organes de presse et renforcer l'équité et la responsabilité des journalistes sont des tâches essentielles pour rétablir la confiance.

 

Conclusion

Les médias tchèques sont confrontés à des défis complexes, notamment la concentration des ressources, l'affaiblissement de leur indépendance politique, la propagation de la désinformation et la méfiance envers les journalistes ; ces problèmes pourraient entraver le développement de la démocratie tchèque. Il est donc nécessaire que le gouvernement, le secteur des médias et la société civile collaborent pour élaborer une réponse globale.
Les mesures suivantes peuvent être considérées comme des solutions concrètes. Premièrement, la mise en œuvre de politiques de réglementation de la concurrence et de la propriété des médias afin de limiter la concentration de la propriété médiatique et d'améliorer la transparence. Deuxièmement, l'établissement de mécanismes juridiques et institutionnels pour renforcer l'indépendance éditoriale et les mécanismes d'autorégulation. Troisièmement, la mise en œuvre de mesures pénales et administratives contre la désinformation, tout en développant l'éducation aux médias et les infrastructures de vérification des faits. Quatrièmement, une stratégie visant à rétablir la confiance en soutenant la viabilité financière des médias et en renforçant l'éthique et la responsabilité journalistiques.
Lorsque ces efforts seront menés de concert, les médias tchèques seront plus à même de remplir à nouveau fidèlement leur rôle d'institution démocratique fondamentale.

 

A propos de l'auteure

Cam Tien

J'aime les choses douces et mignonnes. J'aime les chiens, les chats et les fleurs car ils me rendent heureuse. J'aime aussi manger et voyager pour découvrir de nouvelles choses. Par ailleurs, j'aime me détendre, admirer le paysage et profiter de la vie.