Grâce à une conception intelligente, l'Homo sapiens est poussé à évoluer vers des êtres divins. Mais comprenons-nous vraiment la nature de ce désir ?
Il y a environ 100,000 XNUMX ans, l'Homo sapiens vivant en Afrique n'était guère plus qu'un singe marginal, dont l'impact sur l'écosystème était comparable à celui d'une méduse qui dépend de ses tentacules pour survivre, ou d'une souris qui se nourrit de petits morceaux de nourriture pour échapper aux prédateurs. À cette époque, l'Homo sapiens luttait pour survivre en s'adaptant à son environnement et, comme les autres animaux, il était guidé par son instinct. Cependant, grâce aux révolutions cognitive, agricole et scientifique, l'Homo sapiens est rapidement devenu l'espèce la plus intelligente de la Terre, soumettant les écosystèmes à sa volonté. Aujourd'hui, l'Homo sapiens n'est pas seulement au sommet de la chaîne alimentaire, il remet en question le pouvoir divin de transformation et de création des écosystèmes.
Pendant près de 4 milliards d'années, toute vie sur Terre a évolué et disparu selon les lois extrêmement simples de la sélection naturelle. Mais une nouvelle espèce, âgée de quelques millions d'années seulement, a pris l'initiative de devenir une créatrice transcendante, introduisant les lois du dessein intelligent dans l'écosystème. L'auteur Yuval Harari classe les méthodes de dessein intelligent qu'ils pratiquent en trois catégories : la biotechnologie, l'interférence délibérée des humains avec le vivant ; l'ingénierie cyborg, l'incorporation d'objets partiellement inanimés dans le vivant ; et l'ingénierie abiotique, l'incorporation d'objets inorganiques tels que les ordinateurs. Ces méthodes ont permis à l'Homo sapiens d'accomplir des choses qui auraient été impensables il y a seulement 100 ans.
La biotechnologie a été utilisée pour créer de nouvelles espèces en accouplant artificiellement deux espèces n'ayant aucun intérêt sexuel l'une pour l'autre, et pour obtenir des organes humains à partir d'animaux, par exemple en exprimant des gènes de cartilage de vache dans le dos de souris. Des techniques de génie génétique ont été utilisées pour restaurer l'ADN de mammouths et de Néandertaliens disparus, les ramenant à la vie. L'ingénierie cyborg a été utilisée pour remplacer des parties du corps humain telles que la rétine, les bras, les jambes, etc., afin de transformer les humains en robots. Des programmes informatiques et des virus ont été créés pour créer un nouvel espace artificiel appelé cyberespace.
L'avidité de l'Homo sapiens ne s'est pas arrêtée là. Non content d'interférer artificiellement avec l'ordre du vivant, l'Homo sapiens a cherché à s'améliorer encore davantage. Dès 2005, le Projet Cerveau Bleu a tenté de connecter le cerveau humain directement à un ordinateur, créant ainsi une sorte d'Internet cérébral. L'idée était de cartographier notre ADN afin de personnaliser les traitements en fonction de notre ADN et de garantir des soins de santé parfaits. Il s'agit d'une évolution très différente de celle de la sélection naturelle. Il s'agit d'une évolution planifiée par dessein intelligent, mue par le désir de vie éternelle, que les auteurs appellent le Projet Gilgamesh. Elle se distingue du dessein intelligent théiste et du créationnisme du christianisme, du bouddhisme et d'autres religions théistes, qui postulent une divinité externe, omnisciente et omnipotente.
L'auteur affirme qu'il est impossible d'empêcher l'Homo sapiens d'évoluer vers quelque chose de plus grand que lui, un être divin plus évolué, comme il l'espère, car cette évolution est motivée par son ardent désir d'immortalité. Le roman Frankenstein de Mary Shelley met en garde contre l'extinction imminente de l'Homo sapiens et l'émergence de son successeur, l'Homo Deus. Ayant accompli des progrès intellectuels radicaux grâce à la Révolution Cognitive, l'Homo sapiens continuera d'évoluer au même rythme prodigieux, submergeant constamment sa raison et ses émotions par les méthodes de conception intelligente décrites ci-dessus. Mais il n'a pas de but ultime pour les méthodes de conception intelligente qu'il a développées ; ses successeurs deviendront bientôt ce qu'il désire tant : l'Homo Deus.
Mais ce ne sont probablement que des dieux irresponsables qui ignorent même ce qu'ils veulent. Leur évolution infinie, fondée sur une rationalité sans but, finira par les mener à leur perte. Et cette fin ne signifie pas seulement l'extinction des individus, mais celle de toutes les civilisations et technologies humaines, de leur histoire et de leur culture. Ainsi, l'avenir de l'humanité devient plus incertain et imprévisible avec le développement de la science et de la technologie, et c'est une question à laquelle l'Homo sapiens devrait constamment réfléchir.
En conclusion, l'Homo sapiens a accompli une évolution jusqu'alors inimaginable grâce à son intelligence et à ses progrès technologiques, mais cela représente également de sérieux défis pour son existence et son avenir. Pour surmonter ces défis, les humains devront reconnaître leurs propres limites et progresser vers l'harmonie avec la nature. Le véritable progrès de l'humanité ne résidera pas dans le simple progrès technologique, mais dans la réalisation d'un équilibre entre l'humanité et la nature.